Site icon Ce que je pense

Après les révélations de Complément d’enquête, Laurent Nuñez doit-il démissionner ?

rima hassan

Ce jeudi 17 septembre, Complément d’enquête faisait le portrait de Rima Hassan et revenait notamment sur sa garde à vue le 2 avril 2026. L’émission révèle que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, aurait participé à diffuser de fausses informations. Si tout cela s’avère véridique, alors l’homme politique doit démissionner, s’il lui reste de l’honneur et s’il souhaite respecter sa fonction ministérielle.

À lire également : « Benyamin Nétanyahou : un chef d’Etat hors limites ? » : Complément d’enquête fait le bilan

Garde à vue de Rima Hassan et drogues retrouvées dans son sac : le rappel des faits

L’eurodéputée Rima Hassan avait été placée en garde à vue à Paris le 2 avril 2026 dans le cadre d’une enquête pour apologie du terrorisme, liée à un message publié sur X à la fin mars au sujet de Kōzō Okamoto et de la résistance palestinienne. La garde à vue n’avait donc pas été déclenchée pour une affaire de stupéfiants. Durant celle-ci, ses effets personnels avaient été fouillés. Les policiers avaient trouvé deux sachets contenant des substances dont l’identification n’était pas immédiatement certaine.

Toujours ce 2 avril dernier, alors que les analyses de laboratoire n’étaient pas encore disponibles, des informations relayées dans la presse ont affirmé ou laissé entendre que Rima Hassan détenait de la drogue de synthèse, notamment de la 3-MMC, parfois présentée comme un dérivé de cocaïne. Le 4 avril, les résultats communiqués avaient établi que les gros cristaux blancs retrouvés dans ses affaires étaient composés à 82% de CBD, substance qui n’est pas classée parmi les produits stupéfiants. Le second sachet, contenant une matière brune, présentait une teneur majoritaire en CBD, mais aussi environ 1% de THC, soit au-dessus du seuil légal français de 0,3%. Techniquement, ce produit pouvait donc relever de la qualification de stupéfiant, même si Rima Hassan expliquait avoir acheté ces produits dans un commerce à Bruxelles. Mais le parquet de Paris avait classé l’affaire sans suite le 9 avril. C’est notamment ce que synthétise Le Monde alors que l’affaire refait surface à l’approche du portrait de l’eurodéputée dans le dernier numéro de Complément d’enquête.

Laurent Nuñez aurait menti et diffamé Rima Hassan, selon Complément d’enquête

Selon les témoignages recueillis par le magazine d’investigation, Laurent Nuñez aurait échangé de manière informelle, « off », avec des journalistes dans un train alors que Rima Hassan était encore en garde à vue. Un journaliste cité rapporte que, interrogé sur la présence de drogue dans le sac de l’eurodéputée, le ministre aurait répondu : « il se peut que ce soit exact », en évoquant « un truc de synthèse » pour l’un des produits et « un dérivé de la cocaïne » pour l’autre, tout en ajoutant ne pas bien s’y connaître.

De son côté, le ministre de l’Intérieur nie avoir organisé une fuite dans la presse. Il affirme que les journalistes possédaient déjà les informations et qu’il n’a pas été à l’origine de leur diffusion. Son entourage indique également que la discussion avait été initiée par des journalistes, au sujet d’éléments déjà publiés antérieurement. Alors : faute de Laurent Nuñez ou des policiers qui ont trop tôt étiqueté les produits comme étant de la 3-MMC ? Dans tous les cas, le ministre a livré aux journalistes des informations confidentielles. Mais au-delà de ça, ces informations avaient le pouvoir de nuire à une responsable politique d’un camp rival. Espérons qu’une réelle enquête soit ouverte pour mettre au grand jour cette affaire. Et si le ministre a bien menti, alors il doit démissionner de ses fonctions, pour l’honneur du rôle de ministre de l’Intérieur.

Quitter la version mobile