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La main d’un lycéen arrachée à cause d’une grenade lancée par la police : Laurent Nuñez doit démissionner

lycéen

Ce lundi 5 octobre, vers 10 heures, un lycéen de 15 ans a vu sa main arrachée par une grenade lancée par un policier lors du blocage du lycée professionnel Auguste-Béhal à Lens. Un événement inadmissible dans une démocratie alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez n’avait donné aucune retenue dans ses consignes à la police.

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Un lycéen perd sa main à 15 ans à cause d’une grenade

Cet intertitre est à peine croyable à lire, encore moins à écrire : comment est-ce qu’un adolescent de 15 ans a-t-il pu perdre sa main, arrachée, explosée par une grenade de désencerclement lancée par des CRS. Les sources policières disent que l’enfant aurait pris l’objet dans sa main afin de pouvoir la relancer et qu’elle aurait explosé dans sa main. Une version qui commence déjà à être contesté par des élus de l’opposition et certains témoins. Du côté du préfet et du procureur, ils disent ne pas pouvoir trancher formellement s’il l’a ramassée ou si elle a été jetée sur lui. Pour le moment, le parquet de Béthune a ouvert une enquête en flagrance pour « violences ayant entraîné une mutilation/infirmité permanente ».

Les syndicats de police et le gouvernement commencent à mettre en place une rhétorique insupportable : « il l’a ramassée, donc c’est de sa faute s’il a perdu sa main ». J’ai envie d’écrire, peu importe qu’il l’ait ramassée ou non. Ce qui est choquant, c’est qu’il a été visé par une grenade de désencerclement, alors qu’on parle d’un enfant, qui n’était pas armé et pas dangereux. Dans le même temps, un enfant a perdu ses dents, un autre a perdu un oeil, et un autre a failli être noyé par un policier. Ces mots sont insupportables.

Fini de contester, Laurent Nuñez doit démissionner

Ce 2 octobre, le ministre de l’Intérieur déclarait ceci sur le plateau de TF1 : « Aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition des forces de sécurité intérieure. […] Je mets un terme à des exactions et des débordements avec la proportionnalité et la retenue qui fait l’honneur des forces de sécurité intérieure ». Oui, les policiers doivent pouvoir être protégés physiquement. Non, ils ne doivent pas être protégés lorsqu’ils commettent des crimes, comme c’est le cas depuis plusieurs jours sur les blocages de lycées.

C’est loin d’être la première fois qu’on reproche à Laurent Nuñez sa gestion des violences policières, soi-disant « légitimes ». Cette fois-ci encore, cela va au-delà de tout entendement. On nous parle des enquêtes de l’IGPN, sauf qu’on sait très bien que cela n’aboutit jamais et que cette institution protège les policiers, les « collègues ». Je me souviens d’une interaction avec le numéro 2 de l’IGPN il y a quelques années : le débat portait sur le racisme systémique dans la police. Évidement, il refusait de reconnaître que c’était un problème existant. Sauf que je l’avais piégé, lui montrant le dernier rapport de l’IGPN, sa propre administration, qui montrait une hausse des enquêtes ouvertes à propos d’actes racistes de la part de policiers. Lui s’était contenté de répondre à côté de la plaque, ce qui n’avait pas dupé l’audience ce jour-là. Tout cela pour dire qu’aujourd’hui, la seule solution pour Laurent Nuñez, s’il lui reste une once d’honneur, est d’assumer ses erreurs, celles de la police, et de déposer sa démission auprès du président de la République. Sans oublier le plus important : protéger les enfants de la Nation au lieu de les mutiler.

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