Mythologies : Roland Barthes parle le mythe

Dans Mythologies, Roland Barthes parle le mythe, à travers ses propres observation et propose un système sémiotique autour du mythe, empruntant régulièrement à la sociologie pour compléter son oeuvre.

Synopsis de Mythologies

« Au travers de la DS, du bifteck-frites, du strip-tease ou du plastique, les Mythologies ne sont pas seulement un formidable portrait d’une France entrant, avec les années 50, dans la culture de masse moderne, elles sont aussi l’invention d’une nouvelle critique de l’idéologie : d’une part celle-ci ne loge pas dans les grandes abstractions mais dans les objets les plus quotidiens, d’autre part elle n’appartient pas au monde des idées, elle est d’abord langage, ou plus précisément un certain système de langage que seule une sémiologie – une science des signes – est en mesure de décrypter. »

Editions Seuil

Roland Barthes tente de réfléchir les mythes de notre vie quotidienne

Voici ce qu’il écrit dans l’avant-propos de son recueil :

« Les textes qui suivent ont été écrits chaque mois pendant environ deux ans, de 1954 à 1956, au gré de l’actualité. J’essayais alors de réfléchir régulièrement sur quelques mythes de la vie quotidienne française. Le matériel de cette réflexion a pu être très varié (un article de presse, une photographie d’hebdomadaire, un film, un spectacle, une exposition), et le sujet très arbitraire : il s’agissait évidemment de mon actualité. »

C’est ce qu’on constate lorsqu’on se penche sur les diverses thématiques abordées : consommation, littérature, culture, personnalités, alimentaire, faits divers, etc. En multipliant les exemples et les sujets de réflexion, Roland Barthes s’approche d’une certaine exhaustivité ou en a au moins la volonté. C’est aussi une manière de prendre du recul sur les mythes de son époque pour réfléchir le mythe en particulier. C’est ce qu’il fait d’ailleurs dans la seconde partie de Mythologies.

Qu’est-ce que le mythe ?

Le deuxième volet de Mythologies, écrit en septembre 1956 s’intéresse au phénomène du mythe. L’auteur y donne des descriptions diverses et nombreuses, tout au long de cet écrit. Il donne alors sa vision du mythe et la met en perspective avec la sémiologie, la signification, la bourgeoisie et même la politique.

Mais avant tout :

« Le mythe est une parole. »

Pour Roland Barthes, « Le mythe ne se définit pas par l’objet de son message, mais par la façon dont il le profère ». Il donne alors un système de sémiologie différent de celui qu’on connaît. En sémiologie, on « postule un rapport entre deux termes, un signifiant et un signifié ». La corrélation qui les unit donne le signe. L’objet en lui-même est le signifiant, le mot désignant l’objet est le signifié et le tout, la relation entre les deux, est le signe.

Roland Barthes lui, donne donc un autre système dans lequel on aurait :

  • Le concept, qui correspond pour lui au signe, devient le signifiant
  • Tout l’imaginaire autour de ce concept devient le signifié
  • Le tout, la corrélation entre les deux, donne le mythe

Le mythe ne remplace pas la chaîne sémiologique que l’on connaît, il la double, se constitue à partir d’elle.

Pour illustrer cela, voici deux schémas diffusés dans la vidéo Les mythes sont-ils morts ? – Les Mythologies de Barthes – SOCA #1 de la chaîne YouTube SOCA ø :

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En sémiologie « classique »
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Le schéma sémiologique du mythe

Voici le schéma que proposait Roland Barthes dans Mythologies :

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Au final, le mythe est pour lui le système de pensée codifié au sein de la société qui permet de penser et donner du sens à l’objet. Par rapport à la relation du mythe avec la bourgeoisie/la société bourgeoisie, le mythe est au service cette « élite ». Ce sont les instances médiatiques et publicitaires qui ont le contrôle (qui elles mêmes sont contrôlées par l’élite et la bourgeoisie) et qui vont façonner la pensée commune de divers objets. Cette doxa (façon de penser l’objet) renvoie à un certain imaginaire : c’est ici le signifié.

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