Un prophète : un thriller en prison

Un prophète raconte l’histoire d’un jeune délinquant qui arrive en prison et va se créer un réseau, pas forcément par choix, pour essayer de s’en sortir, en attendant de sortir.

Synopsis de Un prophète

« Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.

D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des  » missions « , il s’endurcit et gagne la confiance des Corses.

Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau… »

Malik, jeune délinquant qui arrive un peu par hasard en prison

Tout au long du film, on suit l’évolution carcérale de Malik (comme celle de Memo dans 7. Koğuştaki Mucize), un jeune de dix-neuf ans qui apparaît comme venir de nulle part. On ne connaît rien de son passé, il dit ne connaître personne et on ne sait pas vraiment quel crime il a pu commettre. Bref, de quoi en faire un prophète, évidemment. Entre rencontres pas forcément agréable et création d’un réseau, on suit Malik, dans la prison. Si quelques scènes se passent en dehors de la prison, ce n’est que pour exécuter les ordres qu’il reçoit de César Luciani, son mentor corse. Des scènes extérieures qui sont finalement peu importantes ; toute la réflexion de Malik et la construction de son personnage se fait en prison. C’est d’ailleurs un environnement qu’il apprend à connaître, assez rapidement.

un prophète

Ses crimes le suivent, partout (ou presque)

Pour être protégé par César Luciani, Malik doit tuer. Il doit tuer Reyeb, un autre prisonnier qui doit témoigner contre les Corses. Et il le fait, à contrecœur évidemment. « L’âme » de Reyeb va ensuite le suivre lorsqu’il est dans sa cellule, lui parlant parfois, de façon assez spirituelle ; il devient un guide pour Malik, lui montre le chemin à suivre. Cependant, lorsqu’il tue d’autres personnes, Reyeb disparaît, on ne le revoit plus. Il est cependant celui qui a permis à Malik d’en arriver là, il lui dit même ce qu’il recherche :

« L’idée c’est de sortir un peu moins con qu’on est rentré. »

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Pour rester maître, il faut tuer son maître

César Luciani est un mentor, un maître. Il paie Malik pour être une sorte d’esclave, d’homme à tout faire qu’il peut envoyer faire le sale boulot. Finalement, il est bien tranquille en prison ; il attend simplement de purger sa peine tout en gardant son influence en dehors de la prison. Il n’hésite pas à rappeler Malik à l’ordre :

« Si tu bouffes c’est à cause de moi ! Si tu rêves, si tu penses, si tu vis c’est à cause de moi ! »

Au cours d’Un prophète, le personnage principal apprend que pour être lui-même, pour être libre (même en prison), il va devoir dépasser son maître.

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Un prophète qui ne veut que la liberté

Si dans les dialogues Malik se dit intéressé par le pouvoir et l’argent, au final ce qu’il veut vraiment c’est la liberté. C’est peut-être ce que recherche chaque prisonnier et plus largement chaque être humain. Son rôle dans le film, par rapport au spectateur est peut-être de montrer que la liberté est importante. À un moment du film, il doit se rendre à Marseille dans le cadre d’une négociation avec une relation de son mentor ; il a obtenu une permission d’une journée. Durant le trajet, en avion, il est émerveillé par le ciel qu’il voit à travers le hublot ; on se doute qu’il n’a jamais pris l’avion, mais quelque chose de plus profond apparaît. Le ciel, si dégagé, au-dessus des nuages, cela ressemble tout de même au paradis, sinon à une métaphore de la liberté. Plus loin dans sa permission, il voit la mer ; peut-être pour la première fois également. Alors qu’on lui propose d’aller voir des prostituées après avoir mangé, lui refuse : il souhaite juste mettre les pieds dans l’eau et regarder la mer. Une scène qui n’est probablement pas sans rappeler la scène finale de Les Quatre Cents Coups où le personnage d’Antoine Doinel voit dans la mer la liberté.

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Seulement voilà, la permission a une fin : Malik doit rentrer en prison. Cependant, il en gardera un souvenir pas anodin : du sable dans ses chaussures. Comme un goût de liberté.

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