« Le goût pur et le goût barbare », par Pierre Bourdieu dans La Distinction

Fiche de lecture, résumé détaillé de l’extrait Le goût pur et le goût barbare du livre La Distinction. Critique sociale du jugement par le sociologue Pierre Bourdieu.

Résumé de Le goût pur et le goût barbare

Bourdieu parle tout d’abord de l’art, surtout l’art moderne, qui apporterait un « luxe mal dominé » à ceux qui l’aiment, mais il met en avant la « différence radicale » entre « ceux qui le comprennent et ceux qui ne le comprennent pas » en citant Ortega y Gasset. L’art moderne divise le public en deux « castes » :

  • D’un côté l’art nouveau « n’est pas pour tout le monde », Bourdieu reprenant y Gasset en parlant de « sentiment d’infériorité ». Ce serait un art réservé aux nobles, aux bourgeois.
  • De l’autre côté, il y aurait l’art jeune, réservé au peuple, à la masse qui a depuis relativement peu, accès à l’art.

Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui même les classes les plus démunies ont accès à l’art et peuvent donc juger ces choses.

Pour Bourdieu, la relation de distinction entre ces arts est « accessoire » à la disposition esthétique. Il parle alors d’un « regard pur » qui serait en rupture sociale avec « l’attitude ordinaire à l’égard du monde ». L’art classique ne se serait pas assez intéressé à « l’humain », aux choses communes à tous, au peuple. Cela s’est fait sous couvert de « rejeter ce qui est générique, c’est-à-dire commun » ; l’art de la Renaissance ne voulait pas être dans la facilité. L’auteur enchaîne en disant que cet art ne parle pas directement « aux sens et à la sensibilité ». Il dit avoir du mal à décrire ce « regard pur » qui dénigre le « regard naïf » et vice-versa. Ces deux « visions antagonistes » n’ont pas de description universelle.

« La tentation de prêter la cohérence d’une esthétique systématique aux prises de position objectivement esthétiques des classes populaires n’est pas moins dangereuse que l’inclination à se laisser imposer, sans même le savoir, la représentation strictement négative de la vision populaire qui est au fondement de toute esthétique savante. »

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