« La presse », selon Francis Balle (chapitre de « Les médias »)

Fiche de lecture et résumé détaillé du texte La presse, extrait de Les médias, un livre écrit par Francis Balle qui propose un panorama des médias existants et des défis à surmonter pour cette industrie.

« La presse est le plus ancien des médias », début Francis Balle, rappelant d’où vient le sens premier du mot, celui de l’imprimerie. La presse a inventé « l’information d’actualité » et se développe en même temps que la révolution industrielle et libérale : « acteur », « témoin » et « chantre ».

Les naissances du journal quotidien

L’auteur reprend l’histoire du premier hebdomadaire français, La Gazette, créé par Théophraste Renaudot, « avec l’appui du cardinal de Richelieu ». Ce qu’on doit retenir ici, c’est que « pour la première fois, des nouvelles sont publiées selon une périodicité régulière à l’intention de nombreux lecteurs ».

Bien que cela soit honorifique, « la presse quotidienne naît en Allemagne, avec le Leipziger Zeitung, en 1660″, tandis que « le premier quotidien français, Le Journal de Paris, est fondé en 1777″. Francis Balle reprend alors plusieurs titres de presse quotidienne nés au XIXème siècle en France, en Amérique mais aussi en Angleterre. Mais selon lui, « la presse ne devient populaire qu’avec Le Petit Journal, lancé par Moïse Millaud en 1863″.

La presse : les grandes dates

Quelques grandes dates citées par l’auteur :

  • De 1432 à 1434 : « Gutenberg met au poins […] la presse à imprimer »
  • 1447 : « Parution du premier texte imprimé connu »
  • Naissance du premier périodique et du premier quotidien
  • 1836 : « Emile de Girardin est le premier à introduire la publicité dans son journal La Presse afin de diviser par deux le prix de l’abonnement »
  • Par la suite, différentes évolutions techniques pour optimiser l’impression des journaux
  • 1993 : Lancement d’une édition sur le web d’un quotidien
  • 1995 : Lancement d’un quotidien gratuit d’information, Metro
  • 2007 : premier journal dématérialisé, Les Echos

La conquête d’une liberté cardinale

Grâce aux évolutions techniques, « la presse moderne naît au XIXème siècle » et devient accessible à tous « par la modicité de son prix de vente, par la diversité de ses rubriques, par la qualité et la simplicité de ses langages ». La presse d’information devient un marché à part entière, on peut considérer le journal quotidien comme le premier des médias de masse.

Jusqu’au XXème siècle, la question centrale est la liberté « cardinale », « fondamentale » puisqu’elle « a été conquise avant d’autres libertés » parce qu’elle « apparaît […] comme la condition d’existence des autres libertés, civiles ou politiques, personnelles ou publiques ».

Francis Balle aborde alors l’histoire de la libération de la presse en Angleterre : les médias anglais luttent en premier pour leur « émancipation ». Mais c’est en Suède que la liberté de la presse entre dans un cadre législatif, en 1776 la censure est interdite.

Par la suite en 1791, le Premier Amendement de la Constitution des Etats-Unis dira :

« Le Congrès ne fera aucune loi restreignant la liberté de parole ou de la presse. »

En France, l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

Mais ce n’est qu’en 1881 (loi du 29 juillet 1881 sur la presse) que la loi stipule que « les journaux peuvent être publiés sans autorisation préalable et sans dépôt de cautionnement » ; « les délits de presse sont définis par le législateur ».

La fin des quotidiens ?

Entre le XIXème siècle et la fin du XXème siècle, « la presse, le journalisme et l’information ont été confondus » : « le journal quotidien était le seul représentant qualifié et légitime de la presse ». Les journaux quotidiens se voulaient en témoins, acteurs et chantres de la démocratie, de « la vie intellectuelle et la vie politique ». On qualifiait d’ailleurs l’information comme « générale et politique », qui se voulait « impartiale » et qui souhaitait analyser et interpréter les informations, avec deux vertus : « la véracité et la sincérité ».

Francis Balle se livre alors à une analyse des quotidiens, en recul depuis plusieurs années et qui reprochent aux autres médias la qualité de l’information que ces derniers délivrent. Pour l’auteur, « l’avenir des quotidiens […] n’est écrit nulle part. Leur survie […] ne dépend que d’eux ». Il souhaite d’ailleurs que ces derniers se concentrent sur leur lectorat que sur leur concurrence, incarnée par les nouveaux médias (du numérique notamment).

Selon lui, pour sauver les grands quotidiens français de la faillite, il faudrait qu’ils retrouvent leur « raison d’être » qui ont fait leur succès. Cette presse quotidienne doit se réinventer.

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